. Emile Mathis caresse déjà le rêve de conquérir l'Amérique, en 1930, il tente de produire une petite Américaine avec Général Motors, c'est un échec. En 1934, il connaît des difficultés liées à la crise économique et dispose d'un outil industriel considéré comme le plus moderne de France, voire d'Europe. Maurice Dolfus administrateur de
Ford (
Ford SAF) voit l'opportunité de pouvoir profiter d'ateliers ultramoderne en France et de contourner avec subtilité les droits de douane. De ce rapprochement naît les premières Matford V8 en septembre 1935, les 62 et 72 de 13 CV et les 66 et 76 de 21 CV. En octobre 1938, les 21 CV hérite d'une carrosserie entièrement nouvelle qui offre l'avantage d'être plus spacieuse et se caractérise par son arrière élancé directement inspiré par la
Lincoln Zephyr, elle est fabriquée par les usines
Chausson. L'originalité de ce millésime est la disposition très nouvelle à l'époque des portes avec pied milieu, les quatre portières s'ouvrent dans le ‘bon sens', c'est-à-dire de l'arrière vers l'avant. Le grand mérite de Matford reste d'avoir mis le luxe d'une grosse américaine à moteur V8 à la portée des bourses moyennes françaises. La clientèle apprécie beaucoup ces moteurs discrets que Chenard & Walker achètent pour ces modèles Aigle. L'accord s'avère malheureusement, vite un marché de dupes. Une fois encore, le rêve américain d'Emile Mathis se transforme en cauchemar, il se retire, engage un procès, dont l'issue, quatre ans plus tard, lui donne raison. Mais il est déjà trop tard.